La marche à la guerre

Réseau international publie deux articles (entre autres ) qui montrent comment les USA sont en train de perdre la main au plan international et comment la Russie vient en termes encore très diplomatiques de poser un ultimatum à l’Union Européenne.

Pourquoi la Russie rend l’Occident fou
Le jour où le monde a basculé est passé

Depuis que la Chine a atteint le niveau de grande puissance économique, spatiale et probablement militaire, la Russie, mieux qu’un ennemi potentiel pense avoir trouvé à l’Est une alternative à l’Europe et est donc de moins en moins encline à accepter les caprices européens même si présentés comme humanitaires et démocratiques.

A moyen terme s’organise un recentrage du pouvoir vers l’Est dont la Russie semble espérer être le barycentre . C’est d’une certaine manière la réalisation de la théorie du Heartland de Mackinder, selon laquelle une unité politique du super continent eurasiatique rejetterait à la périphérie la puissance maritime .

Et cela ne peut s’accomplir sans que la puissance maritime ne se débatte

A ce propos il est intéressant de voir comment l’empire américain espère que les recettes qui lui ont servi depuis sa guerre contre l’empire espagnol au tournant des XIXème et XXème siècles et qui ont été reprises pour justifier les participations aux deux conflits mondiaux du XX ème ─ c’est à dire la provocation et la victimisation ─ lui serviront encore.

Le Belgorod, dernier sous marin d’attaque russe

Mais l’empire américain a perdu la main sur le plan économique et en grande partie sur le plan militaire . Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les USA se sont embourbés dans quelques conflits régionaux dont ils ne sont jamais vraiment sortis vainqueurs bien que leurs opposants n’aient pas eu et de loin leur niveau militaire. Aujourd’hui le porte-avion , fer de lance de la projection de forces et devenu plus fragile ─ l’un d’entre eux a même été potentiellement coulé par un SNA français il y a deux ou trois ans lors d’un exercice conjoint . Si les USA possèdent toujours un fort potentiel en sous-marins, outils de projection de puissance méconnus du grand public, les Russes possèdent une nouvelle arme, le missile de croisière hypersonique qui ne laisse aucune chance à la cible . On leur prête de même des torpilles hyper véloces qui ne laisseront pas plus de chance aux cibles sous-marines ou de surface.
Dans ces conditions, la politique de Biden qui consiste à reprendre les vieilles recettes d’encerclement et du pousser-à-la-faute au nom qu’elles ont toujours réussi, est potentiellement belligène (l’histoire américaine manque de recul, son horizon historique militaire a à peine plus d’un siècle) mais cette fois-ci l’empire américain qui s’effrite de l’intérieur, risque bien d’y laisser plus que des plumes.

Bonne nouvelle, nous sommes potentiellement un des champs de batailles et il faudra bien qu’un jour je vous expose les « visions » d’Aloïs Irlmaier et de Marie Julie Jahenny sur les évènements qui devraient un jour se dérouler en Europe.

8 commentaires sur “La marche à la guerre

    1. Vous avez toujours des bons liens realist 🙂 ça confirme les articles de Réseau International 🙂 je cite
      « que peut-on alors penser de la déclaration du chef du STRATCOM américain, l’amiral Charles Richard, qui a laissé échapper avec désinvolture qu’il « existe une réelle possibilité qu’une crise régionale avec la Russie ou la Chine puisse rapidement dégénérer en un conflit impliquant des armes nucléaires, si elles percevaient qu’une perte conventionnelle menaçait le régime ou l’État .  »
      ça fait partie de ce genre de provocations surannées qui marchaient contre l’Irak ou du temps où les USA détenaient encore la primauté technologique mais qui leur feront du mal aujourd’hui.

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    1. je ne suis pas plus rassuré que vous mais d’un autre côté quelle alternative pour nettoyer les écuries d’Augias ? L’Europe a trop joué pendant 70 ans il va falloir passer à la caisse, à la casserole diraient certains (edit)

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      1. Le « grand jeu » se joue toujours mais avec des méthodes différentes de celles de la fin du XIXème, c’est un baril de poudre qui pourrait exploser à l’occasion d’une crise

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